Compte-rendu du Conseil communal du 24 avril 13

Les PV ne relatant pas in extenso les propos tenus durant les réunions du Conseil communal (ce qui se fait dans certaines communes), je tiens à partager ici quelques éléments qui m’ont particulièrement interpelée durant la rencontre du 24 avril.

Publié le dimanche 28 avril 2013

Depuis mon arrivée au sein du Conseil communal, il me semble adopter une attitude non pas d’opposition mais bien de proposition. Toutefois, cette volonté de proposition n’exclut pas que je puisse parfois dire, durant le Conseil ou à d’autres moments que je ne suis pas d’accord. Notre publication de printemps semble avoir indisposé Mr Gustin : nous (Ecolo de Burdinne) y aurions fait preuve d’un manque d’honnêteté intellectuelle et nous raconterions des idioties. Je regrette de devoir consacrer et du temps et de l’énergie à réagir à pareils propos. Mais comme le dit la publicité : « Tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice »… :-)

Un mea culpa pour débuter : nous avons prétendu avoir entendu Monsieur Gustin affirmer qu’il ne tiendrait pas ses engagements dans le cadre des logements sociaux. Ce n’était pas le cas. Monsieur Gustin dit n’avoir pris aucun engagement quant à la mise à disposition de logements sociaux. Et indique qu’il s’agit d’un choix.

Mr Gustin et sa majorité assument leur volonté de ne pas atteindre les objectifs fixés par le Gouvernement Wallon en matière de logements sociaux et contraindront les Burdinnois(es) à supporter les sanctions financières qui résulteront de ce choix. En poussant la logique de Mr Gustin telle qu’elle a été formulée lors du conseil communal, il devient loisible à chaque citoyen de faire des choix… Le choix, par exemple, de traverser nos villages à 100 à l’heure, de déverser nos détritus dans nos campagnes ou de faire des feux à moins de 100 mètres des habitations, quitte à en subir les conséquences financières. Surprenant quand, dans son programme de politique générale, le bourgmestre envisage une réflexion sur les droits mais aussi les devoirs de chacun et que, comme tous les membres du Conseil, il a (une fois de plus) juré « fidélité au Roi, obéissance à la Constitution et aux lois du peuple belge ».

Peut-être faut-il rappeler que la majorité communale n’a pas tenu ses engagements en matière de logement social : elle avait rédigé un plan comme la loi l’y contraint et un habitant avait contacté le bourgmestre afin de lui proposer deux maisons. Les conditions étaient donc réunies pour mettre ce plan en œuvre : il n’en a rien été.

Autre point dont il a été question ce 24 avril : notre publication contenait des idioties. Et Monsieur Gustin de démontrer le manque total d’intérêt d’un PCDR en prétendant que la rénovation (très partielle) de la ferme de la Grosse Tour aurait valu nettement moins de subsides que la voie qui a finalement été choisie. Et d’expliquer que les nouvelles dispositions relatives au PCDR prévoient, depuis octobre 2012, que, « pour les projets d’aménagement d’espaces publics, le taux de subvention sera de 60 % pour la première tranche (jusqu’à 500.000 euros) et de 50 % au-delà, tandis que pour les autres types de projets le taux sera de 80 % pour la première tranche (jusqu’à 500.000 euros) et de 50 % au-delà » (UVCW).

Il poursuit alors en indiquant tous les autres financements dont a bénéficié la ferme.

Monsieur Gustin nous reproche notre manque d’honnêteté intellectuelle : voyons ce qu’il en est de la sienne sur ce dossier :

1. Les travaux de la Ferme ont été réalisés avant ces nouvelles dispositions : le taux de 80 % se serait donc appliqué à l’intégralité du projet… et de celui de la place de Marneffe aussi d’ailleurs ;

2. Mr Gustin liste les autres subsides obtenus pour la rénovation… De nombreux projets réalisés dans le cadre de PCDR bénéficient d’autres sources de financement public et nous n’en aurions donc perdu aucun de ces autres subsides obtenus en réalisant un PCDR. La contribution de Burdinne aurait juste été encore un peu moindre… Ceux qui veulent un exemple n’ont qu’à s’intéresser (pour n’en citer qu’un) à la rénovation de la cour de justice de Hosdent.

Mr Gustin relancera une banderille relative à notre publication dans laquelle, selon ses dires, nous nous réjouirions de l’absence d’éolienne à Burdinne. Nous avons signalé dans cette publication l’adoption par le Gouvernement Wallon d’un cadre éolien qui repose sur des bases scientifiques solides. Les experts scientifiques de Gembloux estiment qu’il n’existe pas à Burdinne de lieu propice à l’installation d’éolienne selon les critères aujourd’hui définis. Nous ne nous en réjouissons pas plus que nous ne la déplorons : nous la constatons.

Voilà pour l’honnêteté intellectuelle.

J’avais par ailleurs, comme c’est la règle dans de très nombreux conseils communaux et comme le prévoit le règlement du conseil, transmis des questions et demandé l’ajout de quelques points à l’ordre du jour.

Chacune de ces questions, chacun de ces points étaient formulés d’une manière qui me semble constructive. Les réponses n’ont guère été satisfaisantes.

Intention de mandater Intradel pour mener 3 actions de sensibilisation destinées à modifier les attitudes des Burdinnois à l’égard de différents types de déchets

Changer les attitudes en matière de tri des déchets demande un travail de longue haleine. Distribuer une lavette microfibre ou un gobelet, même s’il s’agit d’un premier pas positif, ne suffit pas. J’ai donc demandé au Collège le suivi qu’il envisageait de donner à ces actions.

La réaction de Monsieur Gustin a été de s’étonner de l’absence de satisfaction d’Ecolo face à pareilles actions… Nous sommes satisfaits mais nous en voulons plus ! Et nous le rappellerons régulièrement.

Intention d’adhérer à la convention de gestion différenciée

Il s’agit de réduire progressivement l’usage de pesticides dans la commune. Excellente nouvelle, cela va de soi : c’était le principal thème de notre dernière publication ! Nous y signalions l’objectif « zéro phyto » en 2019 fixé par la Région 2019.

Il me semblait dès lors que ce conseil constituait une excellente occasion de demander un état des lieux de l’usage des pesticides dans la commune. L’échevin de l’environnement n’a pas pu nous communiquer les informations relatives à la précédente mandature (quantité, types de produit, lieux). Je n’ai pas non plus reçu d’information sur les conditions de travail des ouvriers communaux.

Et j’ai appris avec surprise que les lieux où des pesticides sont utilisés ne sont et ne seront pas signalés. J’ai alors manifesté mon étonnement quant au danger que pareil produit représente entre autres pour les enfants qui joueraient sur des lieux pulvérisés. Monsieur Gustin a pointé du doigt la responsabilité des parents pour ensuite relativiser la dangerosité de pareils produits, s’appuyant sur le fait qu’ils sont commercialisés… Un conseil : surveillez vos enfants et vos animaux domestiques… et devinez où et quand on pulvérise… Plus sérieusement, nul doute qu’en prenant la direction d’une gestion différenciée des espaces publics, la commune va prendre conscience de ces nécessités et les mettre en œuvre.

Une autre de mes questions relatives à l’environnement : quelle est la position de la commune quant à la mise en place d’un Plan Communal de Développement de la Nature ? La réponse a été claire : « le Parc est là »… « Nous sommes déjà privilégiés… »

Pourtant, lors d’une récente formation organisée par l’UVCW sur l’environnement durant laquelle m’accompagnait un membre de la majorité, j’ai posé la question de la pertinence de la coexistence de ces deux mécanismes : elle est plébiscitée ! Il va de soi qu’ici aussi je proposerai à nouveau que la commune mette en place un plan communal de développement de la nature. Cet outil est subsidié et promeut la participation citoyenne : pourquoi s’en priver ?

Performances énergétiques

Soucieuse d’utilisation rationnelle de l’énergie, j’ai demandé quelles étaient les performances énergétiques respectivement de la nouvelle école et des logements de transit récemment créés. J’ai également demandé, puisqu’il est en cours de rénovation, quel était le niveau de performance envisagé pour le Centre culturel d’Oteppe. Les normes sont et seront atteintes m’a-t-on répondu. Quelles normes : les normes minimales… Nous n’en saurons pas plus. A moins de reposer la question, ce que je ferai bien entendu… Il s’agit ici tant du confort des enfants et des personnes qui seront hébergées dans ces logements que des économies que pourra réaliser la commune… Plus de confort et moins d’impôts en quelque sorte.

Décisions face aux appels à projets

Monsieur Gustin a expliqué l’ineptie que constituent, à ses yeux, les appels à projets de la Région Wallonne et l’intérêt du droit de tirage qui constituera la panacée et évitera le saupoudrage et le favoritisme politique dont, il l’a avoué, son parti s’est parfois rendu coupable. Dans la foulée, Monsieur Gustin a fièrement annoncé l‘obtention de subsides dans le cadre de l’appel à projet « à la poubelle » (subsides octroyés par le Ministre Ecolo, qui, on le voit se soucie peu de savoir qui est au pouvoir dans la commune subsidiée). Petit rappel : j’avais attiré l’attention de la majorité communale sur cet appel à projets lors d’un conseil communal en début d’année. J’ai donc été entendue sur ce point.

Je ne l’ai par contre pas été sur le Plan Stratégique Transversal. Le Programme de Politique Générale serait amplement satisfaisant … Et, argument supplémentaire, de nombreuses communes ayant posé leur candidature n’ont pas été retenues… Certes, mais toutes celles qui ont été retenues avaient tenté leur chance… Et nombre de celles qui n’ont pas été retenues vont quand même mettre ce programme en œuvre puisqu’il sera obligatoire dans quelques temps… A Burdinne, il faudra donc probablement attendre l’obligation légale pour que ce précieux outil devienne réalité… Un forum est d’ailleurs disponible pour toutes les communes qui, dès à présent, avec ou sans subside, ont décidé d’améliorer leur gestion, en se fixant des objectifs précis ; elles pourront ainsi partager leurs expériences.

Quant à l’appel à projet du Ministre Di Antonio (cheval de trait au service de la ruralité), il n’a suscité que sarcasmes. De nombreuses communes rurales (puisque l’appel à projets leur est réservé) saisiront probablement l’opportunité de recevoir jusqu’à 10.000 euros de subsides pour un projet sympathique et d’aider ainsi un propriétaire de chevaux de trait. Car non, contrairement à ce qui m’a été répondu, aucun ouvrier communal ne devrait se transformer en lad : des particuliers déjà propriétaires de chevaux dont ils prennent soin pourraient être impliqués dans le projet…Les exemples ne manquent, ni en Belgique, ni dans les pays voisins, de communes utilisant des chevaux pour l’arrosage et l’entretien d’espaces verts, pour le balayage, l’enlèvement de déchets, l’écopâturage, les navettes touristiques, la tonte de pelouses communales mais aussi celles de camping, le fauchage des accotements,…

Ce ne sont que quelques pistes… dont notre commune, pourtant reconnue comme « centre touristique » et située au cœur d’un parc naturel, ne s’inspirera donc pas. Je le regrette… Un terrain communal transformé en potager bio communautaire, des sentiers à entretenir et à réhabiliter, des écoles, un verger conservatoire, des lieux touristiques à relier entre eux : tout cela me semblait de nature à mettre sur pied un intéressant dossier.

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