N°2

François RENARD

Oteppe

Ingénieur agronome.

Publié le dimanche 23 septembre 2012

J’ai rapidement élargi mon horizon en partant travailler en Afrique en famille avec mon épouse, Edith, infirmière. Nous en sommes revenus plusieurs années après avec nos deux premiers enfants, Emilie et Louis. Simon est né à notre retour, et Jean, notre « petit dernier » a maintenant 16 ans.

Nous habitons Oteppe depuis 1998.

Notre petite famille est aussi tombée dans la musique, quatre d’entre nous sont membres de la Fanfare de Braives, un autre de l’Harmonie d’Antheit, le dernier est violoniste amateur…

Nous souhaiterions qu’un GAC se développe à Burdinne !

Parmi d’autres engagements, nous sommes actifs au sein du GAC (groupement d’achat en commun) de Braives, gage de produits frais et sains, issus du terroir proche et respectueux d’une pratique culturale biologique.

Je me suis spécialisé dans le secteur des infrastructures collectives de traitement des eaux usées et de l’eau potable. Cela m’a amené à réaliser différents projets d’infrastructures pour des grandes villes, en Belgique, mais aussi en Asie et en Afrique. J’ai ainsi pu aller à la rencontre de populations aux coutumes et modes de vie si différents, mais pourtant humainement tellement semblables. Cela a forgé ma conviction d’une nécessaire solidarité de l’humanité, conviction aujourd’hui renforcée par les inégalités grandissantes des peuples devant le système dominant des échanges mondiaux, basé sur la loi du plus fort.

Cette mondialisation ultralibérale, prisonnière de la haute finance, cause aujourd’hui des ravages plus particulièrement catastrophiques dans les pays les plus fragiles. Les structures de ces états ont aujourd’hui disparu depuis les années 80-90, sous la pression des politiques dites d’ajustements structurels du FMI et de la Banque Mondiale, privatisant et libéralisant à tout va.

Cette disparition de moyens a conduit à une faillite généralisée, à une asphyxie quasi complète : plus d’enseignement, de soins de santé, d’infrastructures de communication, d’accès à l’eau et à l’électricité. On y assiste à un afflux des populations rurales chassées par la misère et les guerres, conduisant à la surpopulation dans les villes, à la disparition des structures sociales solidaires traditionnelles, au développement de la malnutrition et du chômage. Le pillage des ressources naturelles, attisés par cette situation, conduit par ailleurs à des conséquences environnementales graves.

Chez nous la crise financière actuelle voit ces mêmes politiques s’appliquer maintenant ; l’état est mis en pièces, décrié, la citoyenneté dévalorisée, le bien commun et le vivre ensemble démonétisés !

C’est pour remettre en valeur la citoyenneté sous toutes ses coutures que j’ai pris parti, voici quelques années, sous la bannière d’Ecolo ! Je suis utopiste, intégriste voire naïf ? Peut-être, mais le jeu en vaut la chandelle, arrêtons de la brûler par les deux bouts ! Il est urgent de s’engager dans une voie qui préserve un avenir durable pour tous, ici et ailleurs, aujourd’hui et demain.

Ce combat commence chez nous ! Au sein de notre commune, et en intercommunalité, nous devons avoir une vision d’ensemble, aller vers ce futur durable : rétablir une citoyenneté responsable et participative, développer des politiques à long terme en matière d’aménagement du territoire, de mobilité, d’utilisation rationnelle de l’énergie, créer des moments de rencontre et de dialogue, réfléchir à la meilleure utilisation de notre patrimoine commun, communal , régional ou Belge .

Le temps des travaux inutiles ou de prestige est derrière nous, on peut faire mieux, et plus, mais autrement. Arrêtons le saupoudrage de petites mesures incohérentes, d’effets d’aubaine, cela ne peut plus conduire une politique communale aujourd’hui !

Ensemble à Burdinne, pour un futur durable !

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